Archives de catégorie : Coups de coeur

« Le Jardinier et la mort »
de Guéorgui Gospodinov

Paris : Gallimard, 2025. 229 p.

Le Jardinier et la mort

Un vieil homme, qui a connu le passé communiste de la Bulgarie, se meurt. Il est tout à son jardin qu’il cultive avec amour et dont il sait communiquer toute la beauté. Son fils, écrivain, l’accompagne et nous fait vivre cette période de séparation, mais aussi de rapprochement, d’amour filial et d’évocation du passé.
La mort est approchée avec délicatesse, la tristesse côtoie les souvenirs de joie, de rires, du passage des saisons dans le jardin… Une belle et paisible lecture.
Françoise

« Rousse », ou « Les beaux habitants de l’univers »
de Denis Infante

Auch : Tristram Points, 2024. 132 p.

Rousse, ou Les beaux habitants de l'univers

Rousse, jeune renarde curieuse et courageuse, décide de quitter la forêt qu’elle connaissait, devenue inhospitalière, et de partir à la recherche de terres encore vivantes. Au cours de son voyage, véritable odyssée, elle rencontre d’autres espèces et la beauté revient…
Une jolie fable portant l’espoir d’un monde d’après…
Françoise

« Et si les arbres pouvaient parler ? »
de Fanny Guichard

Avec Csil (illustrations) et Chloé Cohen (photographies)
Lausanne : La Veilleuse, 2025. 95 pages

Et si les arbres pouvaient parler ?

Ce beau livre nous parle des arbres pour nous convier à une douce révolution : ne plus considérer notre environnement comme un simple décor, mais comme une relation à cultiver. Il s’agit de prendre le temps de revivifier nos facultés d’émerveillement et d’éprouver de l’empathie. Tous les êtres vivants, animaux, plantes, humains, sommes interdépendants et engagés dans un seul et même monde… dont il s’agit de prendre soin.
Nicole

« La Petite Bonne »
de Bérénice Pichat

Paris : Les Avrils, 2024. 266 pages

La Petite Bonne

Dans les années 1930, une domestique travaille dans une maison bourgeoise. Le temps d’un week-end, elle se retrouve seule avec Monsieur, ancien pianiste, gueule cassée de la bataille de la Somme, alors que Madame part prendre l’air à la campagne.
Un magnifique et bouleversant huis-clos qui vous accompagnera longtemps.
Lucie

 

« Mobylette » de Frédéric Ploussard (28.09.2021)

Quel est votre livre préféré ? Moi, c’est « Mobylette », premier roman EXTRAORDINAIRE d’un grand auteur (2 mètres, quand même) !

Il s’agit véritablement d’un moyen de transport, improbable certes mais diablement plaisant.

Embarquée en 3 pages, j’ai été trimbalée, à toute allure, de vies cabossées en personnalités tranchées. Quel voyage ! Je n’avais plus du tout envie de descendre.

J’ai été bousculée par la forme et touchée par le fond. Je ne résume pas l’histoire puisque vous la lirez. ChapeauX bas. Monsieur Ploussard !

Isabelle Zünd

Le livre de la semaine (ArcInfo, du 14.01.20)

« La Maison allemande »
de Annette Hess

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Le Livre de la semaine (ArcInfo du 15.10.2019)

« Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon »,
de Jean-Paul Dubois

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Philippe Claudel, L’archipel du chien

Coup de cœur d’Isabelle Zünd. 19 mai 2018

Philippe Claudel, L’archipel du chien, Éditions :  STOCK, 280 pages

Si la couverture de ce livre vend du rêve, son contenu dilue du cauchemar. Sous la forme d’une fable acide, l’auteur égratigne l’indifférence collective qui s’est installée face aux drames des migrants. Son écriture droite et orageuse met en relief la lâcheté et la cruauté de la nature humaine. En décor, une petite île isolée que l’on devine méditerranéenne. Un matin, quelques notables découvrent 3 cadavres de jeunes hommes noirs échoués sur la plage. C’est l’histoire de la procrastination déployée par ces acteurs sans noms, par ces « salauds ordinaires ». Il faut se débarrasser du problème ! La vieille instit, le curé, le Maire, le Docteur, le nouvel instit et le visiteur inconnu débattent, se battent, se débattent face à leurs âmes et consciences. Comment s’arranger avec l’impossible ? Ce roman est oppressant jusqu’à la dernière ligne, humainement dérangeant. On y trouve de tout, des goûts et des couleurs, des bruits et des odeurs, des rires et des pleurs. Merci Monsieur Claudel d’être un si précieux gêneur.

Lize Spit, Débâcle

Coup de cœur d’Isabelle Zünd. 28 mars 2018

Lize Spit, Débâcle, Éditions :  Actes Sud, 420 pages

Autant annoncer la couleur : terriblement noir ! N’y cherchez aucune nuance plus claire. Sur, l’échelle de l’amertume, ce premier roman se situe dans la catégorie « poids lourd ». Il conte les désespérances de certaines enfances. Nés la même année, dans un bled paumé, Eva, Pim et Laurens sont inséparables jusqu’à l’adolescence. Là se joue un drame. A 25 ans, Eva vit à Bruxelles. Elle revient au village avec, dans son coffre, un bloc de glace. Le mode narratif se décline en alternance sur 3 niveaux : la journée du retour, l’été des jeux interdits de l’adolescence et toutes les bribes de l’enfance. C’est habilement tissé, à la manière d’un thriller. L’écriture tranche dans le vif, en griffe les fentes. La traduction du néerlandais est remarquable puisqu’on ne la remarque pas. Il est impossible de se mettre à l’abri du récit et des vapeurs toxiques qu’il dégage parfois. J’ai un peu ri, jaune, et beaucoup pleuré. Je suis encore bouleversée. Demain, promis, je lis léger !

Olivier Adam, Chanson de la ville silencieuse

Coup de cœur de Barbara Blanc, 8 février 2018

Olivier Adam, Chanson de la ville silencieuse. Editions Flammarion (221 pages)

La fille du chanteur, particulière mais attachante jeune femme.

Ce père, chanteur quelque peu déchu, disparu un beau jour sans laisser de traces ; en voie d’être déclaré mort par la justice.

L’enfance sans enfance.
Cette mère absente étrangère.
Laissée pour compte ou considérée comme une adulte.
Élevée et éduquée surtout par elle-même et un peu par les gardiens de la propriété.

Une photo prise à Lisbonne immisce le doute qui planait déjà… et s’il était toujours en vie? Un ultime espoir de le revoir? de boucler la boucle de leur relation? de lui demander des comptes? …De quoi au final? Invite la fille du chanteur à parcourir la ville portugaise et les villes côtières à proximité de long en large.

Olivier Adam nous offre un collier de mots magnifiques, mélancoliques parfois, qui se déguste, se savoure. Ce roman, d’une densité rare, demande une lecture attentive, attentionnée, abandonnée.